C’était un de ces soirs de décembre que j’aime. Quand il fait bien noir et bien froid dehors. Ca me fait pétiller les yeux, ça me remue tous les sens, ça me rend tout content, bêtement tout content mais tout content quand même.
Mes camarades et moi-même avions pour mission de ramener un sapin de Noël en classe, pour sauver un honneur incertain. Et puis on ne trouvait pas. On a descendu la rue Monge avant de s’apercevoir qu’on s’était fourvoyé en beauté. On ne savait plus quoi faire pour mettre la main sur le conifère.
En marchant, j’aperçois une petite voiture en plastique, sur une autre, plus imposante celle-ci puisque bien fonctionnelle, en contrebas. On marche et on s’approche dangereusement de la curiosité mais sans vraiment la remarquer, sans rien dire puisqu’on nous observe depuis la terrasse d’une boutique un peu glauque, où deux dames discutent.
Je ne sais même pas si j’ai dit bonsoir. On me reproche souvent de trop l’ouvrir dans ce genre de situation et que les salamalecs c’est parfois déplacé. Je pense avoir gardé le sourire cependant.
Je me souviens surtout d’être resté frappé par la bizarrerie de la chose, par le capharnaüm de la vitrine, par un espèce d’amoncellement de vieilleries entre lesquelles on peinait à distinguer qu’ici, on vendait des fleurs. J’ai lu « Le petit monde de Violette » au dessus de la porte, et j’ai passé mon chemin, enfin, nous.
« Pas de sapin ici, c’est pas la peine ». Et puis rien, enfin non. Pas rien. Je me disais intérieurement que c’était le genre d’endroits dans lesquels je n’avais vraiment pas envie de mettre les pieds, que ça me glacerait le sang et que je ne m’y sentirais pas bien.
Et puis surprise, je flâne sur internet, et je trouve ça.
Bah merde alors. On y retourne quand?